« Ils ont considéré que j’étais un enfant perdu….. je suis devenu le premier camerounais dont le nom et l’oeuvre décorent le fuselage d’un avion »: déclare l’artiste peintre Lagriffe Mboko

Boeing 737 Royal Air Maroc décoré par le peintre Lagriffe Mboko

« Ils ont considéré que j’étais un enfant perdu..… Je suis devenu le premier camerounais dont le nom et l’œuvre décorent le fuselage d’un avion » : Lagriffe MBOKO
Un artiste fin et aguerri. Voici en quelques mots comment décrire ce génie du pinceau dont la créativité et le palmarès ne sont plus à prouver. Nous sommes allés à sa rencontre afin de percer le mystère de son succès international. Même si ce dernier ne jure que par de longues heures de travail il serait injuste de nier le talent qui se cache derrière ce monument. Lisez plutôt ceci.

Depuis combien  de temps faites vous de la peinture et de l’art votre métier?  Quand se révèle votre passion pour l’art?
Je dessine depuis que je suis tout petit, à peu près à l’âge de 6-7 ans. Mais je considère ma passion comme métier dès 1991 lors de ma première exposition collective à Douala.
Est-ce quelque chose que vos proches notamment  vos parents acceptent facilement ?  Si non comment avez-vous réussi à contourner leur refus?
Mes parents voulaient que je devienne un homme « important », un haut fonctionnaire, un médecin etc…Évidemment en voyant mes cahiers de cours remplis de dessins ils étaient en colère. Face à mon insistance ils ont été déçu et ont considéré que j’étais un enfant »perdu ». Mais malgré cela, j’insistais dans mon art et un jour mon père m’entend dans une interview radio, il appelle ma mère et lui dit « notre fils passe à la radio… ». Je crois qu’à ce moment là ils ont réalisé que mon métier pouvait leur
Donner des raisons d’être fier de leur fils. J’ai du insister dans mon envie de travailler encore et encore, je crois que ils n’avaient pas le choix face à ma détermination à graver mon nom dans les annales de l’histoire de notre famille.
Quelles sont vos sources d’inspiration?
Je m’inspire de mon environnement immédiat et surtout L’Homme dans sa globalité est au centre de ma recherche artistique

Il nous a été donné de constater que vous vous intéressez également aux sujets « publics » pour avoir proposé une monnaie qui serait africaine. Pensez-vous que l’artiste peintre soit concerné ou ait un rôle à jouer pour un changement politique dans le monde actuel? Quelles seraient ses armes pour mener son combat?

Billet Mboko 500 kolo

L’ artiste est une lumière qui éclaire la société, il se doit d’inspirer par son travail de contribuer pacifiquement à l’épanouissement de son environnement. Sans être forcément un politicien ou appartenir à un parti politique, Il peut proposer des solutions et apporter des idées pour le développement de son pays, et impacter positivement le monde. Les armes de l’artiste sont sa créativité et son amour pour le prochain. Par son art l’artiste édifie, fait rêver et contribue à rendre visible sa culture, la nation entière à laquelle il appartient.
Parlez-nous de la diversité de vos créations
J’ai commencé comme caricaturiste pour la presse Camerounaise et ensuite j’ai migré vers la peinture, et constatant que la plupart de personnes ne pouvaient s’offrir des œuvres originales à cause des prix pas à la portée de tout le monde, j’ai commencé à penser « produits dérivés »: et j’ai décidé de lancer une collection de produits qu’on utilise quotidiennement dont les mugs, le textile, la maroquinerie etc…En 1996 alors que j’effectuais un stage dans une entreprise textile de la place, j’ai crée le fameux pagne « Barécolé »

Pagne Barécolé

qui a connu un succès fulgurant. D’autres dessins ont suivi et cela m’a permit d’explorer une autre facette de mon art. Cette période de trois mois a beaucoup enrichit ma peinture par la suite. En 2016 à Marrakech, je suis devenu grâce à un concours international organisé par la compagnie aérienne Royal Air Maroc, le premier Camerounais dont l’œuvre et le nom décorent le fuselage d’un avion notamment un Boeing 737. Aujourd’hui cette reconnaissance internationale a boosté mon art et me projette dans une autre dimension dans laquelle je continue d’explorer les multiples possibilités, pour proposer d’autres créations sur d’autres supports.
Au jour d’aujourd’hui,  vous sentez-vous encore la force de vous fixer des défis ?  Quels sont-ils justement vos challenges quotidiens?
On est artiste jusqu’à la mort. C’est maintenant après la quarantaine et avec de l’expérience que je vois certaines choses et je réalise que tout est possible. J’ai des projets plein la tête, je travaille tous les jours et les défis sont nombreux. Faire que les Camerounais arrivent à apprécier et à consommer l’art fait sur place, reste un de mes plus gros challenge. Sinon sur le plan international et surtout dans l’univers du design produit, j’aimerais si Dieu le veut, inscrire en lettre d’or mon nom et par ricochet celui du Cameroun dans l’imaginaire collectif mondial. La vie n’est pas facile, au Cameroun les artistes ne sont pas pris en considération, les populations sont pour la grande majorité ignorantes de ce que l’art peut apporter à une nation. Mais nous nous battons; certains d’entre nous, au jour le jour pour que les artistes soient reconnus comme des acteurs majeurs pouvant apporter une contribution efficace à l’économie, au tourisme et au rayonnement planétaire du Cameroun.

Lagriffe Mboko en pleineperformance

L’art plastique au Cameroun nourrit-il son homme? Par quels moyens vous êtes vous fait connaître ?
Tout dépend du standard de vie qu’on veut ou on a souscrit. En ce qui me concerne, oui je vis exclusivement de mon art. Une exposition a été particulièrement capitale dans mon décollage en tant qu’artiste: en 1994 au centre culturel Français, j’exposais une trentaine d’œuvres sur papier sous le titre « l’inconscience des couleurs » qui ont été vendues en moins de deux heures au cours d’un vernissage très couru. C’était ma première exposition individuelle et son succès a fait le tour des salons et demeures huppées de la ville. Voilà comment je me suis propulsé au devant de la scène et que ma signature « Mboko » devient au fil du temps une référence.
Si vous aviez un conseil à donner aux générations qui vous suivent; lequel serait-ce ?
Travaillez, travaillez encore et encore, ne vous laisser pas distraire restez concentrés sur vos objectifs. Si vous tombez, relevez-vous et apprenez à faire avec ce que vous avez sur place. Gardez la foi, il faut savoir que votre succès dépendra de votre détermination. NEVER GIVE UP.
Un dernier mot?
Jésus m’a sauvé! Son parcours continue de m’inspirer et sa grâce m’accompagne.

Le contacter: mlagriffe@Yahoo. fr

 

4 commentaires sur “« Ils ont considéré que j’étais un enfant perdu….. je suis devenu le premier camerounais dont le nom et l’oeuvre décorent le fuselage d’un avion »: déclare l’artiste peintre Lagriffe Mboko

  1. Ce jeune homme est un génie. Faire sa connaissance à été un honneur pour moi. Je l’admire non seulement pour le travail merveilleux qu’il accompli mais aussi pour sa simplicité et sa bonne humeur. Et surtout sa « bouche » comme on dit au pays. Pas de langue de bois avec Mboko. C’est cash!
    Bravo!!!

  2. Bravo Mboko. Je me suis toujours promis avoir une toile (au moins) de toi, lorsque je serais en mesure de le faire. Espérons-le, bientôt, avant que tu n’entres en bourse et que tes prix – déjà pas très abordables – ne « volent en éclats » (rires).

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