Harry Youmbi C.E.O de la plate-forme bmeet dit: « la jeunesse africaine prend conscience de son rôle dans le changement et se munit d’armes solides »

« Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’années »; ne dit-on  pas? Preuve est faite ici à travers la maturité dont fait preuve Mr Youmbi Harry, co-fondateur de BMeet lorsqu’il parle de son entreprise. Celle-ci axée dans la mise en relation B2B en Afrique. Nous avons couru à sa rencontre pour en savoir plus sur ce projet pas des moins audacieux…..

Harry Youmbi à gauche et Jean-Philippe aussi co-founder Bmeet

Présentez-vous votre plate-forme :

Bonjour, et merci pour cet entretien que vous nous accordez. Bmeet est l’abréviation de Business Meeting. Nous partons d’un constat très simple : plus de 85% des entreprises africaines n’utilisent pas internet pour développer leurs activités. Les raisons sont très simples : elles ne maitrisent pas les technologies numériques et les prestations sont très coûteuses.

Alors Bmeet est une plateforme d’une très grande simplicité d’utilisation, qui donne aux PME/TPE africaines une présence sur internet. Chaque entreprise a une page, structurée comme un site web, dans laquelle elle décrit la mission de son entreprise, ses produits, ses services, ses références et tout autre élément pouvant convaincre les visiteurs de la crédibilité de celle-ci. Leur visibilité en est alors boostée.

Quels sont les moyens que vous employez pour convaincre vos partenaires / clients pour souscrire à votre plate-forme ?

Beaucoup d’entreprises se sont retrouvées dans ce besoin de se faire connaitre un peu plus dans le monde des affaires. Ils voient en Bmeet une réelle opportunité de mieux se vendre, de se faire connaître, et également d’acquérir de nouvelles opportunités d’affaires. Ce qui est comme vous l’aurez constaté, l’objectif premier de notre plateforme. Il nous suffit alors de faire arriver le message où ils se situent.

Lors d’une présentation au forum Davoc 2014 en France

Au début cela a-t-il été facile de vous introduire dans leurs habitudes de fonctionnement ? Quelle était votre stratégie de négociation ?
Comme toute activité pionnière dans son environnement, il n’est jamais facile de s’insérer dans les habitudes de fonctionnement. Cependant, les entrepreneurs ont l’intelligence de comprendre l’importance des nouvelles solutions qui naissent et pourquoi l’investissement en vaut la peine.
Au niveau de la mise en relation B2B que vous faites entre les entreprises qui vous sollicitent ; quelle est la garantie que le demandeur trouve satisfaction auprès de l’entrepreneur vers qui vous l’orientez ? En cas de non satisfaction quelles sont les mesures que Bmeet adoptent pour rattraper le tir ?
L’environnement économique africain est encore très jeune, donc il n’y a pas de risque 0. Cependant, nous sommes déjà très sélectifs sur les fournisseurs que nous proposons à nos clients (qualité des produits/services, réactivité, la facilité de livraison, leur appartenance à la plateforme). Dans un second temps, nos entreprises collaborant entre elles se notent mutuellement en tant que client et fournisseurs.
A notre niveau de développement, nous sommes garant de moyens lors de la mise en relation entre deux entreprises, et non de résultat (ce qui est notre objectif dans les mois à venir). En cas de collaboration insatisfaisante, nous ne proposons plus le fournisseur dans notre liste de partenaires jusqu’à une amélioration de cette dernière.
Depuis la création du site Bmeet à nos jours sentez-vous un changement positif dans votre activité ? Un exemple concret ?

Oui comme exemple concret, c’est l’impact que nous pouvons avoir dans la société qui est la diminution de l’économie informelle en Afrique. En effet, beaucoup d’entrepreneurs (jeunes ou pas) comprennent l’effet positif que peut avoir Bmeet dans leurs activités quotidiennes. Mais confronté à notre condition d’être une entreprise légale, les entrepreneurs qui sont motivés à s’inscrire vont aussi dans la foulée légaliser leur activité. Il y’en a quelques-unes dans la plateforme actuellement. Ceci constitue une petite fierté pour nous.

Quels sont vos challenges quotidiens ?
Nos challenges quotidiens sont de trouver les fonds nécessaires pour accélérer la croissance et booster notre capacité d’acquisition. D’un autre côté, nous voulons également apporter plus de rigueur dans les collaborations professionnelles, et ceci pour garantir la qualité des services proposés.
Pourquoi vous si jeune ne pas avoir opté pour être simplement employé comme la plupart des jeunes sorti d’école ?

Si vous voulez entreprendre, faites-le au plus tôt, lorsque vous avez peu à risquer, et peu à perdre.
Je tiens déjà à préciser que Bmeet n’est pas le premier projet de notre équipe. Nous avons lancé dans le passé d’autres projets d’entreprenariat même étant encore étudiants. C’est la voie que nous avons choisi depuis plusieurs années, car loin de vouloir simplement faire de l’argent, nous voulons avoir un réel impact sur notre continent.

Votre activité suffit-elle à nourrir son homme et ses employés ou associés ?

Bmeet est une nouvelle activité, comme tout projet entrepreneurial, elle prendra quelques années avant d’être entièrement profitable.

Êtes-vous fier de ce que vous faites ? Vous sentez-vous épanoui en tant que chef d’entreprise ?

Bien sûr que j’en suis fier, L’aventure entrepreneuriale est une aventure dans laquelle, il n’y a pas d’ennui. Chaque jour est un combat, les challenges sont nombreux et ils demandent à chacun des membres de notre équipe de se surpasser au quotidien.

Pourquoi cette activité plutôt qu’une autre ? Et comment vous est venu l’idée de créer Bmeet?
L’idée nous est venue après un précédent projet de notre équipe. Le père d’un membre de l’équipe avait pour ambition de monter une industrie d’huile aromatisée de piment, et nous devions l’assister dans cette tâche. Ce projet nous demandait d’avoir des partenaires, notamment pour la fourniture de piment de bonne qualité, d’huile, de packaging etc… or, étant tous installé en France, nous avions des difficultés pour trouver des partenaires qu’il nous fallait sur internet. Ceux-ci ont une faible présence sur internet et ce parce qu’elles ne maitrisent pas les technologies numériques et ça coute cher. Nous avons par la suite étudié la question de fond en comble pour nous rendre compte à quel point, une plateforme simple d’utilisation qui donne une présence sur internet aux PME/TPE africaines, leur apporte des opportunités d’affaires peut être une réelle solution non seulement pour booster l’activité des entreprises, mais aussi pour créer des interconnexions entre les différentes économies d’Afrique.
Votre mot de fin
Comme mot de fin, je ne peux que transmettre un fort optimisme pour le développement de notre continent, la jeunesse africaine prend de plus en plus conscience de son rôle à jouer dans le changement et elle se munit d’armes solides. Entreprendre est une réelle aventure qui mérite la peine d’être vécue au moins une fois.

Le contacter: harry.youmbi@bmeet.co

www.bmeet.co

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