Maternité solitaire. La prise de décision (suite et fin)

« Je ne touche pas à ces bêtises, comment peux-tu y croire ? Je suis juste un peu perdu par la perte de mon père. J’ai besoin de toi, tu es la seule, je te le jure… »

Voilà comment Thibault essayait de se justifier chaque fois qu’Inès lui reprochait de s’adonner aux drogues à leur détriment à tous.

Elle avait pourtant bien surpris des échanges entre son dealer et lui. Elle l’a interrogé sur la question. Et lui, il lui a répondu : « ce n’est pas ce que tu crois. » « Qu’en est-il donc ? », insista Inès. Mais point de réponse convaincante pour lui ôter ce doute qui la rongeait et la tuait à petit feu de la tête.

Inès se retrouve de manière inattendue avec deux bébés. Un qu’elle venait d’enfanter et un autre en la personne du sieur Thibault.

Elle devait s’occuper de Thibault. Cet homme qu’elle aimait de toutes ses forces et qui savait la décevoir à la hauteur de l’affection qu’elle lui portait. Elle devait le nourrir, le soigner, lui donner de l’argent. Oui, lui donner de l’argent. Il en avait tout le temps besoin, chaque jour un peu plus que la veille. Il avait toujours une excuse pour déposséder Inès de ses économies. Pire, il se servait dans son sac à son insu lorsqu’elle ne cédait pas à ses caprices. Quelle peine pour cette pauvre fille qui était partagée émotionnellement.

D’un côté, elle avait sa famille à dos. Ses proches la voyaient malheureuse, dévastée, épuisée, abusée. Elle maigrissait, ne prenait plus soin d’elle-même. Toutes ses pensées et prières étaient pour son homme. Elle voulait le sortir de ce vice qu’est la consommation de drogues dures. Mais lui, voulait-il en sortir ? Voici où était le véritable problème. Thibault voulait-il abandonner cette addiction malsaine qui le rapprochait plus de l’enfer qu’autre chose ?

Inès lui a proposé des activités pour l’aider à lever le pied. Rien n’y a fait. Elle lui a soumis des projets d’investissement en espérant que son argent soit dorénavant orienté ailleurs. Nada ! Pas de réaction, aucun choc. Elle a finalement menacé de le quitter. Au début ça fonctionnait, Thibault promettait de faire des efforts. Mais était-il sincère ? A t-il fait le moindre petit effort pour migrer de la médiocrité à l’excellence ? Concept plutôt complexe pour une personne qui n’a aucune réelle aspiration. Ce fut un échec difficile à assumer pour Inès ; mais il fallait faire un choix. Eh oui ! Il y avait d’un côté l’appel de la maternité. De l’autre, son côté altruiste qui l’a longtemps empêché de voir qu’elle n’avait plus d’amour pour Thibault. De façon non calculée, un seul mot de travers de la part de Thibault alors qu’ils se disputaient à suffit pour la décider à s’en séparer.

Elle s’est enfin libérée de ce virus qu’était devenu cette relation. À son grand bonheur. Sa relation avec sa fille était on ne peut plus équilibrée. Inès se sentait légère. Elle a repris le contrôle de sa vie. Elle a recommencé à travailler, à voir ses amis, à prendre du temps pour elle. Elle est revenue à la vie. Tout simplement. Elle avait plus que jamais envie de profiter la vie et d’offrir le meilleur à son enfant.

Ce n’est pas aussi facile au final de se projeter dans la vie en tant que mère célibataire. Inès s’en rendait compte. Que faire dans ce cas ? Elle était un peu perdue à bien de moments et la tentation de retourner vers Thibault lui était très souvent présente en esprit. Dieu merci, il lui était resté de l’orgueil et de la fierté. Elle poursuivait donc son chemin vers une destinée sans Thibault.

Elle a connu quelques flirts sans importante, mais elle a beaucoup travaillé pour s’offrir une meilleure vie et surtout pour être une personne meilleure qui n’attire que de belles choses et de bons êtres.

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